…Eglise Saint-Didier…
« Bienvenue dans l’une des plus belles églises des Ardennes Française! »

En ce deuxième jour du Marathon Acte 2, c’est dans la petite ville d’Asfeld que j’ai eu la chance de me rendre. Ce bourg de 1 080 habitants se situe dans le département des Ardennes, à quelques kilomètres seulement de l’Ainse et de son territoire du Thiérache. La ville la plus proche est Rethel, là où je me suis rendu dans la foulée de cette visite. La ville d’Asfeld possède tous les commerces qui permettent aux locaux de vivre de façon très seraine. La ville a également de nombreux monuments et lieux qui peuvent être visités. Nous avons bien sûr son église aux formes très atypiques, qui fait en grande partie la notoriété de la commune, mais aussi l’un des rares cimetières Allemands visible de nos jours en lisière d’agglomération. Les endroits de promenades naturels sont eux aussi nombreux, grâce à la présence notamment de l’Aisne et du Canal Des Ardennes qui passent dans la commune, de quoi se rafraîchir un temps soit peu lors des chaleurs d’été. Une petite voie verte permet aux piétons et aux cyclistes de se rendre au barrage situé un peu plus haut sur le cours de l’Aisne. Marquée par l’industrie céréalière avec ses grands silos, la commune est un joli coin de campagne où il fait bon y vivre.
…L’édifice…
L‘église du village, classée aux Monuments Historiques depuis 1 913, est pour le moins très originale de par ses formes nombreuses. Du ciel, la quasi-intégralité des églises sont en forme de Croix, ici, il n’en est rien. Nous avons davantage l’impression de contempler une quille de bowling avec une jolie étoile dans sa partie basse. Franchement, je suis absolument fan de cette église, elle vient de ce fait, se classer parmi les plus belles églises que j’ai eu la chance de découvrir. L‘église sous le vocable de Saint-Didier, fut érigée en 1 683 sous l’impulsion d’un comte amoureux de l’art baroque, ce comte se nommait Jean-Jacques DE MESMES. Le chantier fut alors confié à François ROMAIN, avec pour consigne de cette future église, un véritable instrument de musique tant bien par sa formes que par ses résonnances acoustiques afin que les chants & les prières, soient mieux porté vers le ciel. Avec ses consignes, la forme de son emprise au sol fut de ce fait, inspirée par un instrument à corde: La Viole De Gambe. Le temps passe, et de nos jours, il nous est possible de l’admirer de la plus belle des manières grâce à la campagne de restauration du clocher qui a eu lieu durant toute l’année 2 022. La commune s’est vue décernée à cette occasion le prix régional des « Rubans Du Patrimoine », prix obtenu pour la première fois dans les Ardennes depuis la création de cette récompense. Le clocher en forme de dôme est surmonté d’un lanternon dans lequel reposent 3 cloches. Sur la tour, il n’y a qu’un cadran nous indiquant l’heure. Enfin, les 3 parties de l’église: Le campanile (Tour clocher), Péristyle & la Rotonde sont intégralement faites en briques, rappelant ainsi que nous ne sommes pas très loin du Thiérache et de ses églises fortifiées en briques rouges. Même les nombreuses colonnes extérieures au nombre de 33 si j’ai bien compté, sont faites de ce matériau. Comme je le dis toujours lorsqu’une église me tape dans l’œil, je ne peux que vous conseiller de la visiter!
Comme pour l’extérieur, son intérieur est lui aussi déroutant. La forme arrondie de la nef nous offre un large espace avec une vue sur les différents éléments présents dans l’église. Nous avons bien sûr le maître-autel en marbre, avec devant lui, l’autel de célébration fait de bois finement sculpté. Nous avons également un chemin de croix, et un petit orgue encore en service de nos jours. La petite bizarrerie que j’ai trouvée amusante, est qu’il y ait de petits passages au sein des piliers qui nous permettent de passer d’un endroit à l’autre discrètement. Enfin, deux autels latéraux sont présents dans les chapelles latérales. Il est possible de découvrir l’église d’un peu plus haut, via une coursive faisant tout le tour de la nef. Les nombreux petits vitraux rendent le lieu assez clair, cependant, un peu de lumière artificielle et disponible au public, cela ne fait pas de mal. Il y a d’autres mobiliers liturgiques à découvrir, mais nous, ce qui nous intéresse, ce sont bel et bien les cloches.
…Les Cloches De Volée…
La montée est simple et rapide, il nous faut en effet, gravir que 10 petits mètres avant de toucher au but. Sur un impressionnant beffroi aux grosses poutres de bois, nous pouvons y découvrir 3 cloches de la fonderie de Paul CHAMBON. Il reprit la fonderie de son père, décédé en 1 898, et livrât ses productions à travers la France entière. J‘ai eu la chance d’en découvrir en Côte-D’Or et dans mon département, le Nord. Sur ces trois cloches, seule la grande nous dit qu’elle remplace sont aînée, une cloche fondue en 1 803. Les deux autres ont été offertes par les habitants pour la moyenne, et les paroissiens pour la petite. Toutes ces cloches furent bénites en 1 922 par le Cardinal LUCON, archevêque de Reims, Monseigneur NEVEUX, évêque auxiliaire & Mr Charles-Alfred LECLERC , Doyens d’Asfeld. Mr le maire fut à l’époque Mr Octave Beaufay, malheureusement décédé 7 ans plus tard.
…Cloche 1…
Gabrielle-Lucienne
Diamètre 109,7 cm, Poids 730 kg, Fondue en 1 922 par Paul Chambon, à Montargis, Chante le Fa3
Avec ses 110 cm, Gabrielle-Lucienne est bien évidemment la plus grande des cloches. La propreté des cloches est quasi irréprochable, et me permettent donc de redécouvrir avec joie les décors issus de la fonderie, et confirmer par la même occasion, que la cloche de Lamarche (21) est bien une CHAMBON. En effet, à Lamarche-Sur-Saône, la cloche était assez sale et n’avait pas de mention de fondeur, sur le bas, se trouvait une inscription assez étrange et difficilement lisible, il s’agissait, comme ici à Asfeld, du nom de la cloche dans une police complètement différente des inscriptions de base. Les ornementations de la cloche sont nombreuses, avec notamment une frise végétale située sous les inscriptions, puis quelques feuilles elles situées au-dessus. Plus bas, il y a une autre frise représentant probablement des fleurs de lys, la marque du fondeur, et sur la pince de la cloche, une dernière frise végétale finement exécutée. Enfin, les 3 cloches sont pourvues de 4 saints sur leurs 4 faces. Le parrain ayant eu l’honneur d’être désigné fut Mr Lucien GOBREAU-DUBOIS, l’un des conseillers municipaux d’Asfeld, et Gabrielle ROUTHIER, épouse du maire, sa marraine. Le poids calculé de cette cloche est de 730 kg, et elle émet la note du Fa.
…Cloche 2…
Marie-Louise-Octavie
Diamètre 103,6 cm, Poids 640 kg, Fondue en 1 922 par Paul Chambon, à Montargis, chante le Sol3
La deuxième elle, pèse 640 kg, et répond à sa sœur par un Sol3. Le nom qui lui fut choisi provient de ceux de ses parrains (enfin presque)/marraines: Marie-Louis-Octavie. Marie-Louise MACQUARD, sa marraine, fut l’épouse de Mr Alfred MASSONNET, l’un des adjoints. Pour son parrain c’est un peu différent, si le nom d’Octavie fut choisi, c’est tout simplement parce qu’Octave BEAUFAY, le maire, représentait l’ensemble des parrains. Car comme la cloche nous le stipule: « J’ai pour parrain tous les combattants d’Asfeld ». C‘est un bel hommage rendu à nos Poilus, aujourd’hui tous décédés. Ici, les décors changent légèrement vis-à-vis de la grande, mais restent toujours dans le même esprit, à savoir le thème végétal.
…Cloche 3…
Lucie-Françoise
Diamètre 90,6 cm, Poids 430 kg, Fondue en 1 922 par Paul CHAMBON, à Montargis, Chante le La3
Pour la troisième, je vous présente Lucie-Françoise, la plus petite des cloches pouvant sonner à la volée. Comme je l’ai dit un peu plus haut, elle est le fruit des donations des paroissiens. Le nom de Lucie-Françoise fut choisi ici via lui aussi, les noms des parrainages de la cloche: Lucie pour Mme Lucie GEORGET, née FARRE « au nom de la famille BECRET-DIANCOURT » (Décédée en 1 966), et François pour François BRIOIS-CHARPENTIER, cultivateur local décédé en 1 935. Niveaux décors, ils restent également similaires à ses deux sœurs. D’un poids de 430 kg, c’est la seule sonnant à la volée mesurant moins d’un mètre de diamètre (90,6 cm). Enfin, la cloche répond à ses sœurs par un La3, ce qui complète l’accord du Pater Noster (Fa – Sol – La)
…Cloches Fixes Du Lanternon…
Cloches fondues par Marcel Henriet, Horloger à Le Chesne
Si vous pensiez que le patrimoine campanaire de l’église se cantonnait qu’aux cloches de volée, il n’en est rien! Il y a en effet trois cloches de tailles bien plus modestes, tintant encore les heures. Sur ces cloches, il n’y aucun nom, aucun décor, juste la présence de quelques lignes droites et d’une marque de fonderie. Marcel Henriet était horloger à Le Chesne (Aujourd’hui Bairon Et Ses Environs), la commune lui passa commande de ces trois cloches (Et d’une horloge à mouvement ?) afin de rythmer la vie des habitants pour les décennies à venir. Il mena à bien la mission qui lui a été confiée à une date non communiquée, mais il ne serait pas surprenant qu’elles aient été livrées juste après la grande guerre. Je n’ai malheureusement pas eu véritablement le temps de prendre les notes émises des cloches, cependant, j’ai les mesures de chacune. Pour la plus grave, qui ici, n’est pas la plus grande, elle possède un diamètre de 43,8 cm, pour un poids de 47 kg. La grande, se situant au milieu dans sa note émise, fait 49 cm pour 65 kg, et la dernière, 36,9 cm pour 29 kg.
…La Vidéo…
…Mes Remerciements…
Je tiens à remercier très chaleureusement l’ensemble de la municipalité d’Asfeld, pour toutes les autorisations délivrées afin de permettre la réalisation de ce reportage dans les meilleures conditions possible
Je remercie également Mr D. DUPIRE, la personne en charge des lieux, qui m’a offert de son temps libre afin de m’accompagner dans la bonne humeur, tout au long de cette belle visite!
Visite réalisée le 18 Août 2 026 à partir de 10h00












































