…Eglise De La Conversion De Saint-Paul…
« Découverte d’une très vieille cloche en Avesnois! »

Cette nouvelle découverte campanaire nous emmène cette fois-ci à Clairfayts situé dans l’Avesnois, à l’est du département toute proche de la Belgique. Peuplé par 350 habitants, les âmes de Clairfayts bénéficient d’une qualité et d’une tranquillité de vie indéniable grâce à sa situation géographique éloignée de toute route passante. Les revers de la médaille sont pour les achats alimentaires et autres, il faut prendre sa voiture et se rendre à Solre, à environ 5 km du centre-bourg. Clairfayts a une école, bien sûr une mairie absolument ravissante en briques rouges et en pierres bleues typiques de la région, et une jolie petite église au vocable assez atypique. Dans le cimetière qui fait tout le tour de l’édifice cité juste avant, nous pouvons y retrouver l’impressionnante tombe de la très influente famille De Croy-Solre (19 & 20e siècle), qui donna ses armoiries à de nombreuses communes du secteur. Le territoire communal englobe également le petit hameau d’Epinoy, qui possède une petite chapelle remarquable. D‘autres chapelles, bien plus petites, parsèment les routes du village et de ses alentours. Enfin, la commune, bien que de taille modeste, sait investir pour ses habitants, comme en témoignent sa salle des fêtes récemment rénovée, ainsi que le petit parc public situé le long de la D104, face à l’église.
…L’édifice…
L‘église justement, parlons-en. Cette petite église construite en 1 556, comme nous l’indique la date située discrètement sur sa façade du transept sud, est sous l’étrange vocable de La Conversion De Saint-Paul. C‘est bel et bien la première fois que je découvre cela depuis le début de mes aventures de découvertes des cloches en Franche-Comté, et dans le Nord. J‘aime particulièrement cette église puisqu’elle a une architecture assez unique. La tour clocher est entièrement en bois, et est recouverte d’ardoises, et ce qui me plaît est le motif de croix fait avec d’autres ardoises aux teintes plus pâles. Je trouve que ça lui donne toute son originalité. Les parties en briques orangées associées aux angles grisâtres/bleutés des murs et les encadrures des baies, rendent vraiment l’ensemble très agréable à observer. Les couleurs de ces deux matériaux se marient bien, et donnent un peu de complexité visuelle à l’architecture, sans que ça ne soit de trop. J‘apprécie tout particulièrement la baie de la porte d’entéée principale, quant à la sacristie, elle semble faite intégralement de pierres, je ne sais donc pas si cette partie est plus vieille ou non du reste de l’église. Le clocher s’élève à 25 mètres, tandis que les toitures de la nef elles, sont aux alentours des 20 mètres avec un ou deux mètres de différences avec celles des transepts et du chœur. Elles sont en bon état, ce qui est rassurant.
Tout comme ses extérieurs, l’intérieur est très intéressant, avec notamment la présence de très beaux motifs situés sur les murs du chœur. Le maître autel et les autels latéraux situés dans chacun des transepts, viennent sublimer tout ça. N‘oublions pas la chaire encore en place, finement sculptée dans le bois. Le sol de l’église est en carreaux de pierre bleue, et contient dans un coin situé discrètement juste à côté des marches de la tribune, de vieilles pierres tombales. Sur l’une d’entre elles, écrites en vieux français, nous savons y lire que ce sont les corps de l’ancien curé de Clerfait (Toponyme ancien de la commune), Mr Cyprien DEBODE, mort en 1 699 à 64 ans, et son frère, Matthieu en 1 696, à l’âge de 66 ans. Enfin, la hauteur sous plafond de la nef est de 8 mètres environ.
…La Cloche…
L‘accès à la seule et unique cloche est quasiment impossible, la seule solution fut de monter à l’aide des échelles présentes sur place, mais autant vous dire que c’est très périlleux, puisque ces dernières sont hautes et assez fragiles. Une fois ce défi relevé, nous devons escalader à travers les bois de charpentes jusqu’à arriver au niveau de la cloche. Que ne fut pas la surprise de découvrir une seule cloche encore sonnable à l’aide d’une corde. Bien que la roue de volée soit très usée, nous avons tout de même pu la faire sonner, cependant, l’angle que j’ai donné ne fut pas très haut, et Amadéo, des « Cloches Avesnoises » qui a organisé cette visite surprise, m’a fait m’arrêter par crainte que la corde se prenne dans l’un des bois de charpente. En somme ce n’est pas grave que la sonnerie ne soit pas régulière, ici, ce qui est à partager, c’est surtout sa vieille histoire.
…Cloche…
La Couillotte
Diamètre 103,7 cm, Poids 695 kg, Fondue en 1 502 par Jean Duboys, Lieu N.C., Chante le Sol#3
La cloche vient se placer parmi les plus vieilles de L’Avesnois, et pour tout vous dire, Amadéo n’en a pas recensé de plus ancienne que celle-ci. Il y a un grand nombre d’édifices à répertorier dans la région, je ne peux donc pas vous affirmer qu’elle est la plus vieille de l’Avesnois, cependant, elle est bien partie pour rester dans le top 5! Cette cloche possède deux lignes d’inscriptions avec les lettres gothiques d’environ 3 cm de haut. Nous y retrouvons son année de fonte inscrite comme ceci: « M Cv z Deux z » soit 1 502, c’est donc une forme de datation hybride entre les chiffres romain et français. Tout comme le patron de l’église, c’est la première fois que je découvre une telle chose. Juste après cette datation, nous retrouvons le nom du fondeur: Jean Du Boys (se lit « Dubois »). Cependant, je ne sais pas d’où était originaire ce saintier. Ces deux informations sont lisibles sur les derniers mots que la cloche nous livre, mais avant ça, nous pouvons lire les noms et prénoms de diverses personnes, les voici: Gilles et Claude COUILLOT, Jehan (Jean) INTIEN, Nicolas RAULET, Catherine INTIENNE, Isabeau COUILLOTTE, Jenne (Jeanne) CHASTIERE & Magdeleine PAYENNE. Ces noms sont ceux qui ont financé la cloche, elle nous le dit dans un vieux français via les mots « Me tenerent », qui peut se traduire par « me tinrent », qui lui-même veut dire « Me firent ou me fonda ». Concernant les noms associés aux prénoms de la plupart des personnes, nous avons le cas très intéressant ici, d’une féminisation (COUILLOT – COUILLOTTE par exemple), cela se faisait au moyen âge (476 – 1492) si j’en crois notre ami « Chaty ». En revanche, lors de mes quelques recherches sur la toile, je n’ai rien trouvé sur les personnes citées.
Niveau décor, la cloche est assez sobre, nous remarquons cependant qu’au départ de lignes, une jolie Croix du Christ située entre deux fleurs de lys est visibles. Toujours sur les inscriptions, les différents noms sont « délimités » par des petits médaillons en forme de « S », ces médaillons sont associés également à deux fleurs de Lys uniquement lorsque les deux « COUILLOT » sont séparés. Concernant les anses, la partie haute de la cloche par laquelle les brides passent pour retenir la cloche, elles sont assez finement travaillées avec un motif de tressage ressemblant à une corde. Le plus gros est fait, je peux donc passer aux prises de mesures effectuées. La première mesure effectuée est celle de son diamètre, et il s’avère qu’il est de 103,7 cm. Son épaisseur atteint quant à lui, 7,8 cm. Avec ces deux mesures, il nous est possible de savoir à peu de choses près, le poids que la cloche fait. Le poids calculé est donc de 695 kg, ce qui est assez conséquent pour une cloche émettant un Sol# de cet octave, car généralement, les cloches de cette note tournent autour des 500 kg. Une belle trouvaille faite grâce à notre ami Amadéo, qui valait vraiment le coup d’être découverte!
…La Vidéo…
…Mes Remerciements…
Je remercie l’ensemble de la municipalité de Clairfayts, pour ses autorisations délivrées pour la réalisation de ce petit reportage au sein de leur clocher.
Je remercie également Amadéo B., ami et collègue de passion des « Cloches Avesnoises », pour l’organisation de cette sympathique visite
Thomas, campaniste et carillonneur (« Le Carillonneur du Nord »), que je remercie aussi pour sa présence et son aide pour la prise des mesures
Et enfin, remerciements à notre cher Baptiste S., Dit aussi « Le Sonneur Du Nord », pour toute l’aide apportée et sa collaboration pour ce petit reportage campanaire!
Visite réalisée le 22 Août 2 026, à partir de 15h30































