SHDF – Sonneries Hauts-De-France

"A La Découverte Des Sonneries Flamandes"

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Fretin

…Eglise Saint-Martin…

« L’une des plus grosses cloches issues de Blanc-Misseron »

Fretin.png20.pngCette nouvelle découverte nous amène cette fois-ci  dans la « Métropole Lilloise », tout près de l’aéroport de Lille-Lesquin. Ce dernier se trouve d’ailleurs en grande partie sur le territoire communal, avec la présence de la quasi intégralité des bâtiments dont son aérogare, ainsi qu’environ 70% de la longueur de la piste. Bref, nous, ce qui nous intéresse dans un premier temps, c’est ce que la commune possède en patrimoine. La commune dispose des vestiges d’un château, celui du « Château Wastelier du Parc » (Vous allez le constater, cette famille fut très influente sur la vie du village et des cloches durant des décennies). Ce dernier n’est pas visible de prime abord, puisqu’il se situe dans une zone privée de l’entreprise Flint. Cependant, en vous rendant au portail, vous pouvez tout de même admirer la porte d’entrée avec pilastre à bossage du 17e & 18 e siècle. L‘ensemble des bâtiments médiévaux ont eux, tous été rasés. Les 3 200 habitants peuvent bénéficier de toutes les commodités nécessaires grâce notamment à la très fréquentée zone de Faches-Thumesnil accessible en moins de 10 min en voiture. Entant proche de l’aéroport, la commune possède, plus au nord, de nombreuses usines et magasins, donnant plus de moyens à la commune, pour entretenir son patrimoine remarquable. Enfin la commune depuis 1 994, possède l’un des rares « Géants » de la Mel, surnommé « Le Masarain », il est grandement inspiré du défunt Pierre Michel Monnet, arrêté puis pendu à Lille, deux semaines après la prise de la Bastille.



…L’édifice…

L‘église Saint-Martin de Fretin est assez originale de par son aspect moderne et son clocher bien plus vieux. La 2e Grande Guerre fut hélas dramatique pour le bâtiment, qui fut presque entièrement détruit en 1 943, par une bombe de 150 kg. Le clocher fut miraculeusement épargné tandis que les 3 nefs elles, furent tellement endommagées, que la décision prise fut de les démolir entièrement (Photo de l’église avant sa destruction). Le clocher de 1 777 resta seul durant près de 20 ans avant que le chantier de reconstruction d’une nouvelle nef fut voté. De 1 959 à 1 961, les ouvriers étaient donc à pied d’œuvre pour redonner à ce lieu de vie, une raison d’être. Inauguré en 1 961, le choix que l’architecte a fait peut sembler un peu surprenant. En effet, un peu comme ce que l’un a pu voir à la cathédrale de Lille, mais aussi à l’église Saint-Paul de Marcq, la nef ne fut pas rattachée au clocher. L‘entrée se fait donc désormais au sud, tandis qu’à l’origine, l’entrée se faisait par l’ouest. Nous pouvons y voir de grandes baies composées de multitude de petits vitraux parfaitement appréciables une fois au sein de l’église. La façade principale (entrée), s’est vue ornée d’un Christ crucifié entre 2020 et 2024. Il trône depuis fièrement à 5 mètres du sol, veillant ainsi sur la vie des paroissiens et des Fretinois et des Fretinoises.


L‘intérieur est très joli, et j’avoue avoir pris énormément de plaisir à réaliser les quelques images. D‘ici, nous pouvons admirer le travail colossal réalisé sur les vitraux, notamment celui de la façade principale. Bâtiment moderne oblige, la présence d’un béton armé apparent est quasiment la norme. Ici, c’est toute l’ossature composée de jolis piliers ainsi que de voûtes qui sont faites avec ce matériau. Froid pour certains, agréable pour d’autres, je vous laisse juger. Comme pour la plupart des églises récentes, ici aussi, le mobilier ancien n’est quasi pas présent, les murs eux, sont sobres. Je dois avouer que j’apprécie la chose, puisqu’ainsi, nous pouvons profiter pleinement des volumes que le lieu a à nous offrir. Mais attention, lorsque je découvre des églises chargées en tableaux et en mobiliers, j’apprécie également le lieu, mais différemment. La partie chœur est intéressante, et la présence du Christ monumental et stylisé vient donner un petit truc en plus de ce que nous avons l’habitude de découvrir dans les églises. Sous cette représentation, nous pouvons y voir un autel en pierres de taille assez impressionnant.

 



…Les Cloches…

Lorsque nous montons pour découvrir les cloches, nous pouvons y découvrir une très sympathique horloge mécanique très bien conservée (Cliquez ici), ce qui est rare dans la région. Elle est l’une des survivantes de la catastrophe de 1 943. Je ne sais pas de quelle année elle date, mais nous savons que les frères Prost, établis alors à Morez, fabriquèrent ces horloges jusqu’en 1 910 environs. Cette découverte me rappelle avec nostalgie ma précédente région, la Franche-Comté, où nous pouvions encore voir des horloges de ce type encore en action, comme à Fuans, Maîche ou encore La Bosse! La montée jusqu’aux cloches est simple, mais il faut tout de même faire attention à là où nous mettons les pieds. Une fois arrivés au but, nous pouvons admirer deux cloches aux formes assez originales. Avant de vous en parler plus dans le détails, parlons un peu de l’histoire des cloches passée par Fretin. Bien que le clocher soit daté de 1 777, la première mention de cloche à Fretin est faite en 1 868, avec la livraison de deux cloches. Mr Henry WASTELIER DU PARC, en était le parrain pour au moins l’une des deux. Les cloches furent probablement enlevées par les Allemands durant la guerre dans les années 1 915. Pour la suite des évènements, il y a une réelle zone d’ombre sur ces nouvelles cloches, puisque sur l’une des photos disponibles sur le site de la commune (Cliquez ici), nous y voyons la bénédiction de trois cloches issues de la fonderie de Charles Wauthy. Ce qui est étrange c’est qu’en effet, dans le clocher il y a bien 3 emplacements allant dans ce sens, mais les cloches en place actuellement ne viennent pas de cette fonderie, et sont au nombre de deux. Alors est le résultat d’une sonnerie jugée pas assez jolie, et fut refondue dans la foulée par une fonderie concurrente?  Quoi qu’il en soit, les cloches actuelles ont toutes été refondues en 1 920 à la fonderie de Blanc-Misseron, gérée par Ernest Leduc, située jadis à la frontière Franco-Belge. Enfin, autre grand mystère: La présence d’un troisième joug moins usé que les deux autres en place sur les cloches actuelles. Ayant pris l’entraxe de l’espace vide et la longueur du joug, celui-ci correspond parfaitement.. C‘est donc une bien étrange affaire que nous avons là. 


…Cloche 1…

Marie

Diamètre 136,9 cm, Poids 1 710 kg, Fondue en 1 920 par Ernest Leduc, à Blanc-Misseron, Chante le Ré3

Pour la cloche la plus grande, elle se nomme sobrement Marie. Elle est à ce jour, la cloche la plus lourde que j’ai eu la chance de répertorier issue de la fonderie Blanc-Misson, puisque son poids dépasse les 1 700 kg! A titre de comparaison, une autre cloche « B-M » à la note identique, située à Marquette, pèse 1 300 kg. Possédant un profil plus allongé que les cloches dites « classiques », cette petite particularité lui donne un son un peu plus lugubre, et en vrai pour ma part, j’apprécie grandement! Marie, tout comme sa petite sœur, possède un grand nombre d’inscriptions, qui nous en apprennent davantage sur les personnes liées à la cloche et à la commune. Nous pouvons y lire tout d’abord les personnes ayant reçu le parrainage. Nous avons  ici Mr Léon WASTELIER DU PARC, Fils du parrain des cloches précédentes. Pour sa marraine, ce fut Madame DELESPAUL Marie. C‘est le père DUMORTIER qui eut l’honneur de bénir cette cloche, tout comme sa sœur, sous le regard du maire de la commune, Mr L. CHUFFART. Nous pouvons y voir également les noms de Mr Augustin DELDALLE, Cyrille (?) THYBAUT, Mr WASTELIER DU PARC Robert, Mr Paul LEMESTRE, Théodore-Louis TIERS. Toutes ces personnes étaient des marguilliers, entendez par là qu’ils étaient des membres du conseil de fabrique chargé d’administrer les biens d’une paroisse, et ce, sous l’Ancien Régime et sous le Concordat. « O France avec fierté, je chante ta victoire. Sur tes glorieux morts, je pleure avec amour. A la vierge, à Jésus, pour Fretin je rends gloire » Telles sont les trois dernières lignes émouvantes lisibles. Côté décors, la cloche n’en possède que peu. Nous pouvons découvrir sur le bas de la cloche, une série de coquilles Saint-Jacques très détaillées. Plus haut, à l’opposé des inscriptions, il y a plusieurs têtes d’anges entourant une crucifixion du Christ au relief très marqué.

 


 …Cloche 2…

Germaine

Diamètre 86,3 cm, Poids 415 kg, Fondue en 1 920 par Ernest Leduc, à Blanc-Misseron, Chante le Sib3

Pour ce qui est de la plus petite, c’est cette fois-ci le nom de Germaine qui fut donné. Ce nom provient de celui de sa marraine, Germaine WASTELIER DU PARC, sœur du parrain de la grande, et de ce fait, fille du parrain des cloches précédentes.  La cloche est presque intégralement couverte d’inscriptions, c’est assez impressionnant tant elle a à nous dire! Comme pour la grande, elle nous rappelle que la cloche est celle de Fretin, plus bas, son lieu et sa date de fonte (Mai 1 920, 1 mois avant la grande). Son parrain quant à lui, déjà présent sur la grand’cloche comme « marguilliers » est Mr Robert WASTELIER DU PARC. En plus du père DUMORTIER, nous pouvons voir son vicaire, Mr LEROY. Enfin, sur deux lignes, Germaine nous rappelle qu’elle « naquis après la guerre comme ma grande sœur », et qu’elle « chante la paix à la terre, et gloire au « sacré-cœur ». Niveau décorations, la cloche n’en possède pas, hormis ici aussi un imposant Christ crucifié, et quelques têtes d’anges. Pour ce qui est de son poids, il est d’environ 415 kg.



…La Vidéo…



…Mes Remerciements…

Je tiens à remercier très chaleureusement l’ensemble de la municipalité de Fretin, pour toutes les autorisations délivrées afin de permettre la réalisation de ce reportage dans les meilleurs conditions possible

Je remercie également Mr E. GALIEGUE, Chargé de l’espace public à la ville de Fretin, qui m’a offert de son temps afin de m’accompagner dans la bonne humeur, tout au long de cette belle visite!

Enfin, je remercie Tom, ami et passionné travaillant à la commune, pour l’appui de ma demande au sein de sa ville et son accompagnement au clocher.



Visite réalisée le 24 juillet 2 026 à partir de 15h25

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