…La Tour De L’Abbaye Du Lac De Joux…
« Un duo de cloches Françaises chez nos amis Helvètes »

Après 9 visites effectuées en l’espace de 4 jours, le marathon n’est pas encore fini! Il nous reste en effet, une dernière visite de programmée, et pour le coup, j’ai osé franchir la frontière nationale pour marquer le coup en Beauté! Il faut savoir que le projet de reportage campanaire au sein de la commune de L’Abbaye date de 2 018, mais d’importants travaux avaient alors lieu sur le monument, de ce fait, je me suis résigné à reporter cette visite. Puis, vain mon déménagement dans le Nord-Pas-De-Calais en fin d’année 2 018. J‘ai donc attendu 6 longues années avant de me remettre en piste! L‘abbaye, jolie commune Suisse possède 1 500 habitants répartis dans différents hameaux. Nous avons bien entendu L’Abbaye, Le Pont ainsi que Les Bioux. Les paysages qui entourent les lieux sont magnifiques, et n’étant plus Franc-Comtois depuis plus de 6 ans, j’avoue ne plus y être habitué. La commune est bordée par le Lac De Joux, qui est un lac issu d’un glacier. La baignade dans le lac y est autorisée, ce qui est un vrai plus pour la vie des habitants, et des touristes de passage lors des fortes chaleurs.
Avec cette visite, je peux me targuer d’être allé dans le plus vieux monument de la Vallée de Joux, puisque cette tour, qui jadis faisait partie d’une construction bien plus grande, fut élevée en 1 326, par Seigneur Aymon III de Montferrand de la Sarra. La tour, entourée de son cimetière, sert de clocher au temple voisin, et au cours de sa longue histoire, 3 incendies ont fait rages au sein de la bâtisse. Cependant, la tour se dresse toujours fièrement à quelque pas du lac. Son clocher pointe à un petit 30 mètres de haut, et la tour dans son intégralité, est accessible aux visiteurs depuis que d’importants travaux eurent lieu. La visite dure environ 30 minutes, elle est parfaitement sécurisée et surtout très ludique avec de nombreux panneaux explicatifs. Grâce aux travaux menés en 2 018, d’importantes fouilles ont pu être effectuées, avec au final, de belles découvertes et une meilleure compréhension de la disposition de l’ancien couvent. De nos jours, le bâtiment du Temple n’est plus relié à la tour. En revanche, les cloches se lancent depuis la sacristie du Temple.
L‘intérieur est sobre et épuré, ce qui nous permet de profiter pleinement des volumes de la pièce. De nombreux bancs en bois permettent aux fidèles d’assister aux offices dans les meilleures conditions. Le temple possède un sympathique petit orgue, ainsi qu’une imposante maquette de l’ancien couvent, nous permettant ainsi de visualiser la disposition des bâtiments du lieu à son apogée.
…Les Cloches…
La montée au clocher est assez simple, les cloches du temps sont au nombre de trois, avec pour deux d’entre elles, la possibilité de sonner à la volée. La plus petite, fixe, sonne les heures grâce à son incroyable horloge mécanique qui elle, est datée de 1 758, et qui fut construite par Antoine Barthelet, de Saint-Point (25). Avec les archives disponibles, nous savons que la tour a accueilli plusieurs cloches avant celles en place actuellement. La première trace de cloche remonte en 1 663, là où un terrible incendie détruisit les cloches en place, il fallut attendre 1 681 pour que la tour puisse redonner de la voix. 60 ans plus tard, le ciel se déchaina sur la commune, et la foudre frappa le clocher, malheureusement ce dernier prendra feu, rendant de nouveau la tour muette. Cependant, il ne fallut que peu de temps pour que la tour soit de nouveau fonctionnelle, et deux nouvelles cloches datées de 1 742, prirent place au clocher. Elles furent fondues par Jean-Baptiste Durant, fondeur itinérant originaire de Colombey-Lès-Choiseul. L‘une d’elles se fêla, et sera refondue en 1 838 dans les ateliers du maître fondeur Mortuacien nommé François Humbert.
…Cloche 1…
Grande Cloche
Diamètre 108,9 cm, Poids 750 kg, Fondue en 1 742 par Jean-Baptiste Durant, de Colombey-Lès-Choiseul, Chante le Fa3
La plus grande des cloches est celle de 1 742. Comme je l’ai mentionné plus haut, cette cloche fut fondue par Jean-Baptiste Durant, avec les restes de l’ancienne cloche. La campane à dû être refondue à peine démoulée, puisqu’en voulant briser le moule de la cloche, un coup de marteau mal placé a endommagé l’instrument, le rendant inutilisable. La cloche sera refaite, et l’auteur de la « boulette », Etienne Rochat, se chargea de payer la confection d’un nouveau moule. Jean-Baptiste Durant avait ses ateliers à Colombey-Lès-Choiseul, et fonda plusieurs cloches à partir des années 1 720. Sur cette cloche richement décorée, nous pouvons y voir les noms des familles de L’abbaye: Rochat, Berney, Reymond, Guignard, Golaz, Dunand, Cart, Challet, Aubert et Burquin. Autour de ces noms, les 3 armoiries identiques de la commune y sont apposées. Enfin, écrit en langue latine, la cloche nous dit ceci: » Par la foudre et la tourmente ma voix m’a été enlevée une seconde fois, mais par le feu naturel elle m’a été rendue ». Enfin , le nom du pasteur y figure, il s’agit de Mr Samuel Mandrot. D‘un poids de 750 kg, la cloche nous chante un agréable Fa3.
…Cloche 2…
Petite Cloche
Diamètre 100,8 cm, Poids 580 kg, Fondue en 1 838 par François Humbert, à Morteau, Chante le Sol3
Pour la seconde cloche, la présentation sera bien plus rapide, puisqu’elle ne possède que peu d’inscriptions. Nous pouvons y lire sobrement « Faite pour la commune de l’Abbaye par François Humbert , Fondeur à Morteau 1 838 ». La fonderie Humbert semblait se trouver au Trou au loup, non loin de la rue de la côte. Contrairement à sa grande sœur, la cloche possède une voix légèrement rocailleuse, mais franchement pas déplaisante. Son diamètre est de 100,8 cm, tandis que son poids lui est de 580 kg.
…Cloche 3…
Sainte-Marie-Madelaine
Diamètre 33,4 cm, Poids 24 kg, Fondue en 2 018 par Grassmayr, à Innsbruck, chante le Ré#5
Et pour conclure, nous allons passer à cette mignonne petite cloche fondue en 2 018 à l’occasion des travaux de restauration de la tour. Cette cloche fut mise en service avec l’horloge de 1 758 magnifiquement restaurée. Il fallut à la fonderie Grassmayr d’Innsbruck, 24 kg de bronze pour façonner cette cloche de 33,4 cm de diamètre. Nous pouvons y voir l’écusson de la Tour Du Lac De Joux, ainsi que les armes de la commune. Le nom qui lui a été choisi est Sainte-Marie-Madelaine, patronne du lac, et nom de l’ancien couvent des moines prémontrés, c’est d’ailleurs la seule cloche de cet ensemble campanaire, à arborer fièrement un nom.
…La Vidéo…
…Mes Remerciements…
Je remercie très chaleureusement l’ensemble de la municipalité de L’Abbaye, pour toutes les autorisations nécessaires afin de réaliser ce petit reportage très sympathique au sein de leur belle commune
Je remercie d’autant plus Mr R. Rochat, pour son bel accueil, ainsi que pour la fourniture des divers documents m’ayant permis de réaliser ce reportage de façon assez complet, je tiens à le remercier également pour sa présence durant cette belle visite, et ses dires sur l’histoire du lieu.









































