…Eglise Saint-Michel…
« Une sonnerie magnifiée par sa pièce maîtresse »

Pour ce nouveau reportage campanaire, je vous emmène dans la capitale de la Flandre Française, à Lille. C‘est à ce jour, avec ses 238 000 habitants, la ville la plus peuplée dans laquelle j’ai eu la chance de réaliser un reportage campanaire. Avant toute chose, je tiens à remercier Thomas, mon camarade, pour toute l’organisation de cette visite, ainsi que Baptiste, autre camarade, pour toute son aide apportée. La ville de Lille est très connue, je vais donc être rapide dans sa petite présentation. Jadis située sur une île formée par les bras de la Deûle, c’est sur cette dernière que la cité se développa jusqu’à couvrir l’ensemble de l’île. C‘est ainsi que le nom de « Lille » fut donnée tout simplement. En flamand, elle se nomme Rijsel. Le cœur de la ville possède un patrimoine absolument remarquable, comme sa très célèbre Grand’Plance, La gare de Lille-Flandre, je peux aussi vous citer ce qui est certainement le plus beau bâtiment de la capitale Flamande, à savoir « La Vieille Bourse ». Mais Lille dispose également de ce qui fait la renommée du Nord-Pas-De-Calais à travers le monde: Les Beffrois. Véritable phare terrestre, le beffroi de la mairie de Lille, du haut de ses 105 mètres, se classe 1er au rang des plus hauts beffrois de France. En revanche, celui de la Chambre de Commerce et d’Industrie est de loin, le plus joli des beffrois Lillois. Enfin, celui qui nous intéresse, mais qui n’est pas tant connu que ça, le campanile Saint-Nicolas, situé juste à côté de la Cathédrale. Ce dernier est tout fraîchement refait, et se fond à merveille dans les décors verdoyants de Notre-Dame-De-La-Treille. Autre lieu incontournable de la vie Lilloise, sa fameuse citadelle fortifiée Vauban construite entre 1 667 et 1 673. Autrefois place forte de la ville, elle est aujourd’hui le lieu où tous les lillois(es) se rencontrent, font du sport et même se prélassent tout simplement sur les grandes étendues verdoyantes qui bordent cet imposant édifice. Je ne vais pas en dire plus sur la ville, puisqu’autrement ça n’en finira jamais tant il y a à dire sur cette magnifique ville, et de ce fait, je vous invite à vous y rendre pour le constater de vos yeux 🙂
…L’édifice…
Située sur le parvis portant son nom, l’église qui nous intéresse aujourd’hui est l’une des plus emblématiques de Lille. Facilement reconnaissable avec son imposant clocher en pierre légèrement jaune pointant le bout de son lanternon à près de 60m, l’église Saint-Michel est une véritable curiosité à aller contempler. Sa construction fut lancée en 1 869 sous les traits de l’architecte Alfred COISEL, pour prendre fin 5 ans plus tard. Ses dimensions sont assez imposantes, avec une longueur de nef d’environ 50 mètres sur 30 mètres de large. C‘est à partir de 2 022, qu’une importante campagne de restauration eut lieu sur l’ensemble de ses extérieurs et de ses charpentes. Il y a que peu de temps avant notre passage ici, que l’échafaudage fut retiré pour y redécouvrir l’entièreté de cet édifice, véritable cœur du quartier Saint-Michel.
Vous vous en doutez, sa nef et toutes les parties qui la composent sont assez impressionnantes. Nous pouvons dans un premier temps parler de son plafond en « damier » comportant de beaux motifs aux couleurs assez douces. Plus bas, nous pouvons y admirer un « Cycle », ce sont de nombreuses peintures qui ici, représentent la vie de Saint-Michel. Il est composé de 14 tableaux courants sur les deux côtés de la nef, un peu à la manière d’un chemin de croix. Ils sont situés juste sous les vitraux. Plus bas, il y a ce qui pourrait nous faire croire à un chemin de croix. Il n’en est rien, puisqu’il s’agit des croix de consécration de l’édifice. L‘église Saint-Michel possède un très bel orgues construit en 1 898 par le facteur d’orgue Mr Joseph MERKIN. En s’approchant un peu, nous pouvons y découvrir une plaque en l’honneur de l’un des titulaires ayant joué durant de très longues années. Mr Jean DESCAMPS le tena de 1 925 à 1 972! Bien qu’entravée par les filets de protection à la croisée du transept, une belle coupole est visible. Cette dernière voit malheureusement ses plâtres fragilisés, d’où la présence de ce filet. De ce fait, je n’ai pu prendre de photo de cette fameuse partie. Nous avons donc vu les grandes lignes de ce que l’église a à nous offrir, nous pouvons désormais s’attaquer à la montée jusqu’aux cloches !
…Les Cloches…
La montée est plutôt simple, cependant, il vous faut avoir un peu de cardio tant l’ascension est longue. Une fois toutes les marches franchies, nous pouvons voir disposer sur un impressionnant beffroi, 3 cloches pouvant sonner à la volée. Les trois cloches toutes en Lancé-Franc, ont été fondues dans la même fonderie, mais à des années différentes. C‘est dans la fonderie de Charles Wauthy, située par le passé à Douai, qu’elles furent fondues. Bien plus haut, dans le lanternon nous offrant une vue à couper le souffle sur la capitale flamande, une petite cloche s’offre à nous. Fondue peu après l’achèvement des travaux de construction de l’église, cette cloche est donc la doyenne de ce bel ensemble campanaire. Nous n’avons pas l’historique de l’ancienne sonnerie, qui fut probablement fondue par Paul Drouot, tout ce que nous savons, c’est qu’elles furent toutes détruites (Sauf la cloche du lanternon) durant la 1ère Guerre Mondiale.
…Cloche 1…
Antoinette-Thérèse-Jeanne-Brigitte-Elisabeth
Diamètre 141,0 cm, Poids 1 680 kg, Fondue en 1 928 par Charles Wauthy, à Douai, Chante le Ré3
La première des cloches est très intéressante de par sa sonorité exceptionnelle pour une cloche Wauthy. Les deux autres, d’époque différente, adoptent comme vous allez pouvoir le constater, une sonorité plutôt basique. Le profil de la cloche pourrait expliquer la chose, puisqu’ici, nous avons une cloche en profil dit « Lourd ». En effet, la note que la cloche émet est un Ré3, quant à son poids, il avoisine 1 700 kg, ce qui est énorme. A titre de comparaison, une cloche ayant cette note pèse très généralement 1 200 kg. Possédant intégralement des inscriptions latines, nous pouvons y lire que son parrain est Mr Paul REGNART et Madame Antoinette DUBOIS. Lors de la bénédiction de cette cloche, de nombreuses personnalités furent présentes, bien sûr, nous avons Mr le curé Louis LEVEAUX, le chanoine de Lille, Jean-Philippe BEGNE, ainsi que les vicaires Jean DUBOIS & Louis LANSELLE. Nous pouvons ajouter à cette liste exhaustive, tout les nombreux conseillers paroissiaux. Cette dame de bronze fut bénite par le révérend Alfred MARGERIN, connu pour sa courageuse intervention lors de la fusillade de Fourmies en criant « Assez De Victimes ». Il porta également secours aux blessés lors de cet évènement passé le 1er Mai 1 891. Le nom que la cloche prit lors de sa bénédiction est le suivant: Antoinette-Thérèse-Jeanne-Brigitte-Elisabeth. Concernant ses décors, la cloche en possède de très jolis avec pour exemple, le Christ encadré avec en dessous, la présence de trois personnages. La cloche dispose également de nombreuses frises finement décorées. Cependant, la petite curiosité est qu’elle possède deux faces bien différentes, car à l’opposé du Christ, l’autre face est quasiment dédiée à la présence des inscriptions réparties sur 18 lignes. Pour conclure, cette cloche de 1 928 magnifie à elle seule, l’ensemble de la sonnerie.
…Cloche 2…
Marie-Paule
Diamètre 112,3 cm, Poids 775 kg, Fondue en 1 921 par Charles Wauthy, à Douai, Chante le Fa3
Plus dans les normes de ce que la fonderie Wauthy nous offre, nous avons là une cloche bien plus légère. Ici , le poids affiché sur la balance est d’environ 775 kg, soit quasiment 1 tonne de moins que sa grande sœur. De son nom « Marie-Paule », elle possède ici, des inscriptions en français, ce qui nous permet d’aller plus vite pour les prises des diverses informations telles que les personnes liées à la cloche. Je vais de ce pas commencer par son parrain et sa marraine, qui furent Paul DUFOUR & Mme Marie DESTAILLEUR. C’est ici aussi, Mgr MARGERIN la bénit, le tout, sous l’égide de Mr QUILLILER, alors évêque de Lille. Emile MAES fut lors de la bénédiction le chanoine. Enfin, le Curé-Chanoine était L’abbé Joseph DELCAMBRE.
…Cloche 3…
Albertine-Maria-Henriette
Diamètre 100,2 cm, Poids 560 kg, Fondue en 1 921 par Charles Wauthy, à Douai, Chante le Sol3
La troisième fut, comme sa sœur précédemment mentionnée, fondue en 1 921. La chose très intéressante que nous découvrons à travers ses 6 lignes d’inscriptions, est que son bronze provient en partie des fragments des anciennes cloches détruites durant le conflit mondial. Chose assez rare, la personne ayant récupéré ces mêmes fragments est mentionnée sur la cloche: Mr François DECATOIRE-BAILLI. Elle fut parrainée par Mr B. CHARVET et Mme Albert MULLIER. Lors de sa bénédiction par les mêmes religieux, le nom choisi pour cette vénérable dame est Albertine-Maria-Henriette. D‘un poids d’environ 560 kg, elle possède un diamètre dépassant de peu le mètre.
…Cloche 4…
Louise
Diamètre 50,9 cm, Poids 84 kg, Fondue en 1 881 par Paul Drouot, à Douai, Chante le Sol4
Dans le lanternon, une quatrième et dernière cloche nous livre ses secrets. C‘est donc avec une vue spectaculaire sur Lille que nous avons eu la chance de relever ses diverses inscriptions. Ces dernières se lisent sur deux lignes, et nous apprennent entre autres qu’elle fut nommée Louise. La ligne du dessous nous dit ceci: « Je rendrais éternellement hommage au très Saint-Sacrement, pour mes deux auteurs ». Vous aurez donc compris qu’elle vit le jour grâce à deux généreux donateurs anonymes. Cette cloche fondue dans les ateliers de la fonderie Drouot en 1 881, possède un poids assez largement en dessous des 100 kg. Cependant, c’est celle qui se fait le plus entendre au cœur du quartier, puisqu’elle rythme la vie des habitants du quartier en tintant les heures. Enfin, c’est bel et bien la première fois que je vois ce type de cartouche issue de la fonderie Drouot sur une cloche. C‘est très joli!
…La Vidéo…
…Mes Remerciements…
Je tiens à remercier très chaleureusement Thomas R., Carillonneur & Campaniste, pour l’organisation de cette superbe journée sur Marcq-En-Baroeul!
Je remercie également notre cher Baptiste S., Dit aussi « Le Sonneur Du Nord », pour toute l’aide apportée et sa collaboration pour ce petit reportage campanaire! C’était une journée parfaite!
Enfin, je tiens à remercier très chaleureusement la paroisse Notre-Dame-de-Pentecôte de Lille, pour leurs autorisations, et à la personne nous ayant ouvert le clocher!
Visite effectué le 27 Juin 2 026 à partir de 18h00










































