SHDF – Sonneries Hauts-De-France

"A La Découverte Des Sonneries Flamandes"

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Poix-Terron

…Eglise Saint-Martin…

« Une cloche miraculée de la Grande Guerre »

20.pngPour ce 4e et dernier jour en terres Ardennaises, c’est dans la petite commune de Poix-Terron que je me suis rendu, pour faire cette découverte que je n’aurais jamais pensé faire, compte tenu du sort réservé aux nombreuses cloches durant la 1ère Guerre Mondiale. Poix-Terron est une commune chanceuse de par sa proximité immédiate de l’Autoroute A34, plaçant ainsi la commune à seulement 20 minutes des deux grandes villes du Département: Charleville-Mézières & Rethel. En plus de cet axe routier important, la ligne de chemin de fer passe également au village, avec sa propre gare. Cette ligne fut fermée vers les années 1 990 par la SCNF, puis rouverte en 2 011 grâce à un projet ambitieux sur la commune, avec l’implantation du Centre de Formation des Apprentis du BTP, une véritable aubaine pour la localité. Ce CFA a donc une grande importance tant sur le plant économique, que financier. Les reliefs de Poix-Terron vous offrent quelques vues sympathiques sur le village et ses alentours en vous promenant à travers les forêts et les champs. Dans le centre, vous retrouvez la belle  mairie surmontée de son clocher avec juste à côté, le monument aux morts. L‘église de la commune située un peu à l’écart, est elle aussi intéressant



…L’édifice…

L‘église Saint-Martin fut construite en plusieurs étapes, sa construction pourrait remonter jusqu’au 13e siècle, tout du moins, nous savons que la paroisse fut mentionnée pour la 1ère fois en 1 237. L‘église faite de pierres blanches grisées par les affres du temps, est assez imposante. Les nombreuses ferrures en forme de « S » sont des éléments que j’adore et renforcent encore un peu plus ce côté médiéval. Son clocher en bâtière dénote d’avec les clochers du secteur, ce qui renforce encore un peu plus son côté unique. Ce dernier pointe le haut de sa croix, à environ 30 mètres de haut. L‘église fut marquée par l’une des scènes les plus violentes et meurtrières que j’ai pu entendre au sein de l’enceinte d’un édifice religieux, puisqu’en octobre 1 590, dans le cimetière adossé à l’église, l’exécution de 600 « ligueurs catholiques » fut ordonnée par le Duc de Rthel, Louis de Gonzague. Une scène qui témoigne de la violence passée sur fond de rivalité religieuse. L‘entrée de l’église se fait après avoir emprunté de beaux escaliers depuis la Grande’Rue, dont les murs sont eux constitués de pierres légèrement jaunes.

 


L‘intérieur de l’église impressionne de par ses larges piliers. Le maître-autel est lui aussi assez impressionnant tout comme les autels latéraux, réalisés au 18e siècle. Nous pouvons y découvrir également de nombreuses statues disposées principalement sur les piliers et aux côtés des autels latéraux, ces statues donnent à cet intérieur un certain charme. Le chemin de croix est représenté par de jolis tableaux, retraçant ainsi la vie de Jésus. Pour la chaire, il ne reste que son chapeau, nous ne savons pas ce qu’il est advenu de cette dernière malheureusement. Les vitraux ont eux été réalisés eux, principalement à la fin du 19e siècle par les verriers Vermonet-Pommery de Reims (Nef 1 890/91), R. Desjardins d’Angers (3e Baie Transepte Nord). Il y a tout de même un vitrail bien plus récent, celui du Transept Sud, réalisé en 2 008 par Bruno Pigeon, de Reims. Malgré les objets du 18e siècle présents ici, vous allez le découvrir par vous-même, l’objet le plus ancien que possède l’église est bel et bien sa cloche.

…Cloche…

La montée est assez simple, et après quelques secondes d’efforts peu intenses, c’est à 15 mètres du sol que s’offre à nous cette seule et unique cloche. Bien qu’il y ait un moteur de volée, la cloche n’a plus sonné depuis des années voire des décennies. N‘ayant pas de contrat d’entretien, la cloche voit ses équipements assez détériorés: Le moteur ne fonctionne plus, la chaîne est rouillée et rafistolée avec du Colson à un endroit, je dois alors vous avouer que j’ai ri en voyant ça. Toujours est-il qu’après une longue réflexion et quelques vérifications, j’ai pris le risque de sonner, en y allant par parcimonie bien sûr. La sonnerie dure 1 minute, mais grâce à la magie du montage vidéo, sa durée est plus longue.

 

…La Cloche de L’église…

Louise-Jeanne

Diamètre 113,4 cm, Poids 810 kg, Fondue en 1 599 par un fondeur anonyme. Chante le Mi3

Sur cette cloche, il y a des choses à dire. Premièrement, sa date de fonte est exceptionnelle, si vous me suivez depuis le début de ce « Marathon Acte2 », toutes les cloches sans exception ont été volées et détruites par les Allemands en 1 917. Lors de cette période, il devait se passer la même chose à Poix-Terron, mais c’est là qu’un courageux citoyen, Mr MARTINET, instituteur au village, s’interposa en invoquant le fait qu’elle fut déjà épargnée durant la Révolution Française, et que par conséquent, cette cloche est très vieille. Ces paroles furent entendues, et contre toute attente, le Ministre de la Guerre Allemand décida de ne pas la faire fondre. La cloche fut donc sauvée grâce à cet acte héroïque aussi bien à l’échelle locale que nationale dans le monde campanaire. Cette cloche est encore aujourd’hui, présente dans le clocher, et en lisant ses 3 lignes d’inscriptions, nous retrouvons la date de 1 599 à la toute fin. Bien qu’une date soit apposée sur cette campane, il n’en est rien quant à son créateur. Pauvre en termes d’ornementations, nous y retrouvons toutefois quelques médaillons représentants quelques Saints: Saint-Jean, Saint-André, Saint-Jean-Baptiste(?), et Jésus.

 

Cette cloche fut offerte par le seigneur d’Arson (village de Resson) Jean (Iehan) De Boutillac et son épouse en Avril 1 599, il est donc naturel qu’il en soit le parrain. Outre son titre de noblesse d’Arson, Jean DE BOUTILLAC était au cours de sa vie: Ecuyer, chevalier, seigneur d’Arson (Resson), Pargnie (Pargny-Resson), Dovl (Doux), Poix (Poix-Terron) & Mazerny, porte-cornette du duc de Bouillon, gentilhomme ordinaire de la Chambre du Roi par lettre du 7 septembre 1531 et gouverneur de Maubert-Fontaine. Son épouse, Mme Louise DE MAILLY, décédée en 1 640, en fut la marraine. Elle se maria en 1 592 à Jean et eut deux enfants de leur union. Outre les parrainages,  il n’y a rien d’autre qui pourrait nous indiquer le nom que porte la cloche, ni même l’artiste qui la fonda. La cloche de Poix fut classée Monument Historique au titre des objets depuis 1 911, elle possède un diamètre dépassant les 110 cm de diamètre. Quant à son poids, grâce aux calculs issus des différentes mesures, il serait d’environ 810 kg. Pour en revenir aux médaillons des Saints, nous pouvons vraiment admirer le fin travail réalisé, avec les nombreux détails comme les plis de vêtements ou encore les différents petits textes nous indiquant le personnage en question. Enfin, rien ne fait mention d’un nom de baptême pour cette vénérable dame, j’ai donc pris la liberté de lui en donner un, celui de ses bienfaiteurs: Louise-Jeanne, Jeanne étant le prénom féminin de Jean. Bref, c’est une vraie belle trouvaille pour ce dernier jour, et je suis très heureux de l’avoir faite, et bien que des traces de cette cloche soient visibles sur le net, je n’avais pas fait de recherches au préalable, ce qui accentue ma surprise.



…Les Cloches De La Mairie…

Cloches Fondues vers 1 925 par Charles Charton & Léon-Eugène Collin à Nancy

Sol4 – La#4 – Do#5 – Ré5

Si vous pensiez que c’est fini, et bien non, puisque je vais vous offrir ces petits bonus campanaires. Les cloches de Poix ne se résument pas seulement à l’église, puisque comme je vous l’ai dit un peu plus haut, la mairie possède également sa propre cloche. Il n’y a pas si longtemps, c’était même 4 cloches! Une dans le lanternon, qui n’a pas bougée depuis, et 3 autres, les unes au-dessus des autres sur un espèce de pic (Photo des 3 cloches en place). Ces 3 cloches ont dû être descendues pour des raisons de sécurité, la structure était trop fragile. J‘ai pu aller les observer et prendre quelques mesures dans les ateliers municipaux de la ville. Tout d’abord, nous n’avons pas de date de fonte, en revanche, un seul texte se lit, nous indiquant la fonderie dont sont issues ces cloches: Les ateliers d’horlogerie et de fonderie Charton & Collin situés à Nancy. L‘entreprise fut dirigée de 1 919 à 1 933 par Messieurs Charles CHARTON & Léon-Eugène COLIN, quelques cloches fondues en ces lieux sont encore visibles de nos jours. L‘activité principale de l’entreprise était la fabrication d’horloges monumentales, et lorsque ces dernières nécessitaient de posséder de cloches, les ouvriers avaient les connaissances nécéssaire pour les réaliser, quelque soit leur taille. Pour la plus grosse cloche, je n’ai pas eu accès à celle-ci, mais elle doit peser à vue de nez dans les 100 kg. Les trois autres, j’ai pu les déplacer et prendre les quelques mesures de la plus grande à la plus petite: 43,8 cm – 49 kg / 36,9 cm – 29 kg / 33,0 cm – 22 kg. La sonnerie des heures se fait entendre sur la cloche de la mairie, la note qu’elle émet est un Fa#4, tandis que les 3 « petites », elle chantent le Sol4, La#4, Do#5 et enfin le Ré5. Une belle découverte qui vient clore cette dernière visite en Ardennes!



…La Vidéo…



…Mes Remerciements…

Je tiens à remercier très chaleureusement l’ensemble de la municipalité de Poix-Terron, pour toutes les autorisations délivrées afin de permettre la réalisation de ce reportage dans les meilleures conditions possible

Je remercie également Mr F. KLEIN, employé au sein de la ville, accompagné de N. BOUCHER & A. BOULANGER, jeunes travailleurs saisonnier, qui m’ont offert de leur temps libre afin de m’accompagner dans la bonne humeur, tout au long de ces belles visites!



Visite réalisée le 19 Aôut 2 026, à partir de 10h00

Marathon Acte 2

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