…Cathédrale Saint-Pierre-Saint-Paul-Saint-André…
« La très harmonieuse sonnerie de la cathédrale du Jura »

3e découverte dans le Jura, nous nous rendons cette fois-ci, dans la Sous-Préfecture jurassienne de Saint-Claude! Cette belle ville d’environ 8 500 âmes, se distingue de par son titre de Capitale Mondiale de la Pipe. De nombreux éléments urbains nous le rappellent, avec notamment les poubelles du centre-ville. La ville suit parfaitement les courbes dessinées par le relief alentours. La place pour loger la population n’est pas très grande, le choix de la verticalité fut donc privilégié pour la construction de nouveaux logements dans les années 60/70. C‘est pour cela que la ville dispose de nombreuses tours d’habitations. La ville est aussi connue pour son savoir-faire dans la taille de diamants et de pierres précieuses, le logo de la ville va en ce sens. De nombreux points de vue magnifiques nous sont offerts grâce aux reliefs escarpés des environs. Enfin, vous pouvez admirer le musée de la pipe et du diamant, ouvert à Saint-Claude depuis 1 966. Je pourrais vous parler longuement de la ville en détails, mais il y a beaucoup trop à dire.
…L’édifice…
La charmante cathédrale de Saint-Claude, classée aux Monuments Historiques, prend pour patron les Saints-Paul, Pierre et André. Le début de la construction de cette cathédrale débuta vers les années 1 380 et se termina juste après l’élection au rang de Cathédrale, en 1 742. Le chantier s’est étalé à travers les siècles dû à plusieurs facteurs. Tout d’abord un incendie en 1 418, puis, pour des raisons indéterminées, le roi Louis XI fait arrêter le chantier de la en 1 470. Les travaux reprirent quelques temps plus tard, mais les conflits du 17e siècle ont de nouveau ralenti les travaux. Terminé vers 1 742, l’imposant édifice est fait de belles pierres blanches, et semble fortifié. En plus de son clocher principal, culminant à près de 45 mètres, l’église dispose de 4 petites tours avec comme finalité, une toiture triangulaire à 4 pants. Nous pouvons admirer également sa belle façade de style Baroque qui elle, monte à près de 40 mètres grâce à sa croix.
L‘intérieur est digne d’une cathédrale. Sa hauteur sous voûte est d’environ 25 mètres, quant à sa largeur maximale, elle est de 35 mètres. L‘intérieur possède du mobilier intéressant: se trouve dans la partie chœur et abside, les stalles réalisées au XVe siècle par Jehan de Vitry, cependant, plus de la moitié de ses œuvres ont été détruites dans un incendie, elles furent restaurées en 1 987 et 1 995. Sur la droite, nous pouvons y voir le reliquaire situé dans la chapelle Saint-Claude. Dans ce reliquaire, nous pouvons y voir la chasse contenant le corps de cire ainsi que l’avant-bras du Saint. La cathédrale possède son grand orgue, celui-ci fut fabriqué entre l’an 1 843 et 1 844 par la Manufacture Daublaine-Callinet. L‘instrument est équipé d’une des premières machine Barker installée en France.
…Les Cloches…
Depuis le début de mon aventure SHDF, je n’avais jamais eu la chance de réaliser un reportage au sein d’une cathédrale, bien que de nombreuses démarches avaient été faites à Saint-Claude. Le projet fut avorté une première fois en 2 020 dû à la pandémie de Covid alors que les démarches avaient abouti positivement. 2 023, j’ai malheureusement appris que l’intégralité du beffroi allait être repris due à des soucis structurels, les travaux allaient de ce fait, durer plusieurs mois. J‘ai donc de nouveau mis ce projet de côté jusqu’en 2 025. J‘ai voulu pour les 10 ans de reportages campanaires au sein de nos campagnes et de nos villes, marquer le coup avec l’une des sonneries de cathédrale les moins connues du paysage campanaire de France. C‘est donc en février 2 025 que tout fut finalisé au niveau des démarches, et en avril que ce reportage fut réalisé. Une fois ce petit interlude terminé, je peux enfin vous parler de l’histoire des cloches qui chantent pour la cathédrale. Avant 2 017, il y avait en tout 5 cloches: Trois sonnant à la volée, et deux, bien plus petites, étaient fixes mais hors service depuis des décennies. Des trois cloches pouvant sonner à la volée, deux sont encore en place dans le clocher. Elles furent plus ou moins restaurées en profondeur, et ce, en même temps que la fonte des deux nouvelles cloches. La troisième, fêlée, fut descendue et mise en exposition dans la nef. Les cloches étaient toutes en mauvais état, les sonneries ne pouvaient plus se faire dans de bonnes conditions. De plus, les cloches sonnaient à la volée dite « Rétro-Lancé », ce qui a tendance à davantage user les cloches, en plus de leur donner un son bien moins sympa. De nos jours, ces cloches sont passées en mode de volée dit « Lancé-Franc », qui les rendes bien plus agréables à l’écoute. C‘est pour les 275 ans de l’élévation de l’église au rang de cathédrale, que la DRAC prit la décision de lancer la souscription pour restaurer l’ensemble des cloches. Le Bourdon fut envoyé à la fonderie pour y être rechargé au niveau de ses points de frappe, et deux nouvelles cloches furent fondues. Pour la fonte de ces deux cloches, une cloche de 1 800 kg fut cassée, cette dernière provenait de l’église Saint-Jean-Baptiste située à Salin-Les-Bains. Pour ces missions de refonte et restauration des cloches, c’est l’entreprise Veogelé qui fut missionnée. Le projet fut couronné de succès, et l’ensemble des cloches ont été livrées en 2 017 comme prévu.
…Cloche 1…
Sainte-Trinité
Diamètre 167,6 cm, Poids 2 850 kg, Fondue en 1 823 par Borle-Borel, à Pontarlier, Chante le Sib2
La plus grosse des cloches fut fondue en l’an de grâce 1 823. Pour la fonte de cette cloche, la quantité de métal utilisé est conséquente, puisque la cloche nous pèse un respectable poids de 2 850 kg, tandis que son diamètre est de 167,6 cm. Sainte-Trinité, tel est son nom, fut parrainée par Mr Nicolas Thevenin, Archiprêtre de Saint-Claude, et Mlle Lucille De Chamon (Marraine). Ont assisté à la bénédiction, Mr le Sous-Préfet Canon, et Mr le maire, Xavier Dumoulin. Cette grande cloche nous chante un Si bémol de la deuxième octave. Fondue par la fonderie Borle-Borel de Pontarlier elle est sûrement la plus grosse des cloches issues de leurs ateliers, en tout cas, c’est la plus grosse que j’ai pu observer jusque-là.
…Cloche 2…
Roze
Diamètre 133,7 cm, Poids 1 460 kg, Fondue en 1 803 par François-Xavier Roy, à Salin-Les-Bains, Chante le Do3
Nous pouvons passer à la doyenne de ce clocher, j’ai nommé Roze. Roze est une cloche qui dénote pas mal de ses sœurs de par sa voix très « roc », cela apporte un certain caractère à la sonnerie, cependant, ça reste très jolie à l’écoute. C‘est d’ailleurs la marque de fabrique de la dynastie ayant fondue cette cloche, puisqu’il s’agit de la famille Roy. C‘est François-Xavier, de Salin-Les-Bains, qui la livra en 1 803. De par ses jolies inscriptions (Les mêmes qu’à Luxeuil-Les-Bains), nous savons qu’elle fut refondue « avec de la matière retrouvée dans les ruines » du terrible incendie de juin 1 799, connu sous le titre de « l’incendie du 1er Messidor ». Cet incendie terrible ravagea la ville dans sa quasi intégralité. Seule une maison possédant les reliques de Saint-Claude, fut épargnée, un vrai miracle en soi! Cette cloche nous chante un puissant Do3. J‘avoue avoir été surpris de voir que la famille Roy a œuvrée à Salin, car toutes leurs cloches que j’ai retrouvées en 10 ans de découvertes, avaient alors été faites à Morteau jusqu’en 1 779, puis Besançon. Le poids estimé est de 1 460 kg, quant à son diamètre, il est de 133,7 cm. Grâce encore une fois aux inscriptions, nous savons que sa marraine est Mme Barbe-Etienne-Roze Perruchot. Son époux, Mr Antoine-François Poncet, y est le parrain. Cet homme était aussi le Préfet du département du Jura.
…Cloche 3…
Yole
Diamètre 127,9 cm, Poids 1 100 kg, Fondue en 2 017 par André Voegelé, à Strasbourg, Chante le Ré3
La troisième cloche, nommé Yole, est l’une des deux nouvelles cloches fondues pour les 275 ans de la cathédrale. Elle fut donc fondue en 2 017 par André Voegelé de Strasbourg, avec comme diamètre, 127,9 cm. La cloche comporte quelques inscriptions un peu éparpillées, il nous faut nous pencher sur les écriteaux de présentation aux touristes situés sur le beffroi, pour y voir plus clair. Elle fut bénite par Monseigneur Vincent Jourdy, Evêque de Saint-Claude, avec l’assistance de Mr Pierre Girod, Curé-recteur de la cathédrale, et Mr Alain Gausset, Sacristain. Les quelques textes arborent une belle police d’écriture très agréable à l’œil. Le poids de cette cloche est de 1 100 kg, et vient en remplacement de sa vieille sœur exposée dans la nef.
…Cloche 4…
Alice-Thérèse
Diamètre 108,7 cm, Poids 810 kg, Fondue en 2 017 par André Voegelé, à Strasbourg, Chante le Fa3
La dernière cloche pèse 810 kg et porte le nom d’Alice-Thérèse. Mr Jean Lorge est son parrain, quant à sa marraine, c’est Mme Marie-Thérèse Cupillard. Pour le reste, tout est pareil que sa plus proche grande sœur. De ce fait, la description est plutôt rapide. Cependant, nous pouvons y trouver, bien en évidence sur la robe de la cloche, le logo de la cathédrale. Enfin, cette cloche sonne le Fa3 alors que son diamètre est de 108,7 cm.
…Les Timbres (Cloches 5 et 6)…
Cloches fondues en 1 822 par Lefort, à Dijon
Et enfin, pour conclure dans le clocher, nous allons parler des deux petits timbres qui sonnent les quarts d’heures. Ces deux petites cloches ne sonnaient plus depuis plusieurs dizaines d’années, c’est lors de la campagne de restauration qu’elles furent remises en service en tintement. Ces deux cloches furent fondues ensemble en 1 822 par la fonderie Lefort, située alors à Dijon. Par manque de temps et dans ma précipitation, j’ai omis de prendre les mesures et les poids.
…Tintement du Grand Timbre…
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…Tintement du Petit Timbre…
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…Cloche 7 (Déposée)…
Alice-Thérèse
Diamètre environ 125 cm, Poids 1 100, Fondue en 1 919 par les Fils de Georges Paccard, à Annecy-Le-Vieux. Chante le Ré3
Il nous faut désormais retourner dans la nef afin de vous parler de l’une des cloches de l’ancienne sonnerie. Cette cloche, exposée avec son système de balancier en Rétro-Lancé, fut fondue par la très célèbre fonderie Paccard, et ce, juste après la Première Guerre Mondiale, en 1 919. C‘est d’ailleurs sans doute à ce moment-là, que les deux autres cloches de la sonnerie furent mises en Rétro-Lancé par la fonderie, avec comme argument de vente d’avoir une sonnerie exerçant beaucoup moins d’effort sur le beffroi. Mais en contrepartie, la sonnerie est très généralement moins dynamique, et le son des cloches bien plus agressif. D‘un poids de 1 100 kg, cette cloche est l’homonyme de la plus petite cloche de volée en place au clocher, à savoir « Alice-Thérèse ». L‘ancienne Alice eut pour parrain Mr Paul Delacour. Sa marraine quant à elle, est Mme Jeantet, née Elisa Maissat. Sa bénédiction eut lieu la même année que sa fonte, par Monseigneur Maillet, Evêque du Diocèse de Saint-Claude, ainsi qu’avec l’archiprêtre Henri Meynier. Nous retrouvons là tous les décors et sculptures typiques des cloches Paccard, c’est toujours agréable à observer!
…La Vidéo…
…Mes Remerciements…
Je tiens à remercier très chaleureusement la D.R.A.C. Bourgogne-Franche-Comté pour leurs diverses autorisations de reportage au sein de la cathédrale de Saint-Claude. Ces autorisations m’ont permis la réalisation de ce reportage campanaire dans de superbes conditions.
Je remercie très sincèrement Mme C. Martesi, Ingénieure du patrimoine à l’Unité Départementale de l’Architecture et du Patrimoine du Jura, qui m’a si gentiment accompagnée durant toute la visite, je la remercie pour sa grande disponibilité, sa gentillesse et surtout, ses dires vis-à-vis de l’histoire de la cathédrale.
Enfin, je remercie très cordialement Le Doyenné De Saint-Claude, ainsi que le Père Pierre Girod, Chanoine titulaire, et Curé Doyen des 3 paroisses du Doyenné, pour leur autorisation de sonnerie exceptionnelle hors office afin de permettre la réalisation de ce reportage.



















































